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Buffard.jpgSalle de restaurant du Carnot, 12 h. 15. Laurent Buffard rentre juste de la séance de shooting. Pendant que les Nantaises montent dans leur chambre prendre une douche, le coach ligérien honore le rendez-vous convenu la veille. Disponible et avenant, il nous offre une vingtaine de minutes.

 

Nantes... et Arras

 

Comment voyez-vous le début de saison de Nantes ?

C'est un début difficile, notamment à cause de la blessure de nos deux pivots - notamment Tahane, touchée en équipe de France. Notre équilibre a donc été perturbé et nous avons connu des difficultés. Nous avons réussi de bons matchs, comme contre Bourges, où ne nous inclinons qu'après prolongations. J'ai deux regrets, les défaites contre Mondeville et Calais.

 

L'Eurocoupe, qui impose des rencontres supplémentaires en milieu de semaine, peut-elle aussi être l'une des causes de vos difficultés ?

Non, au contraire, c'est mieux de jouer deux fois par semaine. Les joueuses aiment bien, c'est leur travail de jouer. Par contre, c'est vrai, nous nous entraînons moins...

 

Quels sont vos objectifs cette saison ?

Faire mieux que l'année dernière, c'est à dire être dans les quatre premiers, ce qui passera par la qualité du basket que nous jouerons. Nous verrons à la fin... A terme nous visons l'Euroligue, dans deux ou trois ans. Ici, il y a tout pour réussir : un public, une salle, un aéroport. De plus Nantes est une grande ville.

Nous voulons écrire une histoire, pérenniser Nantes-Rezé au niveau européen. C'est difficile car il faut jouer l'Europe et rester dans les cinq/six meilleurs du championnat ! Nous sommes le seul club de la région à ce niveau... ce qui nous permet d'obtenir plus de subventions... nous en avons besoin. Nantes est un club bien structuré, avec une orgnisation qui me plaît - Béatrice Guillet au secrétariat, Julien Chesneau à la communication. L'arrivée de Caroline Aubert est une bonne chose. Notre centre de formation est performant et nous comptons 4 entraîneurs avec le BE 2 complet. Nous sommes sur le chemin de la réussite.

 

A quel match vous attendez-vous cet après-midi contre Arras ?

Ce sera difficile. Avec Bourges, Arras est l'équipe qui a le plus de longueur de banc. Individuellement, les joueuses ont tout : vitesse, taille, technique.

 

Cette rencontre est-elle un tournant ?

Non, non, la saison est encore longue. Nous n'en sommes pas encore à la fin des matchs allers. C'est une rencontre importante néanmoins, car le vainqueur restera dans le haut du tableau. Arras, un peu comme nous, est en difficulté. Ce n'est plus l'équipe surprise, les Arrageoises sont désormais attendues... comme nous ! Les équipes que nous affrontons sont plus motivées.

 

Laurent Buffard : une grande carrière

 

Né en 1963, Laurent Buffard est l'un des grands entraîneurs du basket français. Il a un palmarès impressionnant : vainqueur de l'Euroligue (2002 et 2004), six fois champions de France, quatre fois vainqueurs du tournoi de la fédération et cinq fois vainqueurs de la Coupe de France avec l'USVO, il a remporté le Challenge Round en 2010 pour sa première saison à Nantes, après deux saisons passées en Russie à Ekaterinbourg. Chez les garçons il a été formateur (Cholet, Gravelines) et coach (Sceaux, Cholet, Toulouse ave c qui il a été champion de Pro B).

 

Après Ekaterinbourg, l'un des plus riches clubs européens, pourquoi être allé à Nantes ?

Je travaille pour mon plaisir. J'ai voulu me rapprocher de ma famille, de mes parents que je n'ai guère vu depuis 25 ans, sauf quand j'étais à Cholet. C'est un choix personnel mais je travaille du mieux possible.Comme je l'ai dit, à Nantes tout est réuni pour faire un grand club.

 

Pouvez-vous revenir sur vos deux saisons à Ekaterinbourg ?

C'était magnifique, inoubliable de faire jouer toutes ces stars ensemble... mais c'était difficile de gérer ces égos très forts ! Ekateinbourg est une grosse équipe, mais sans résultats. Ca brille mais ça ne gagne pas ; c'est donc inutile !

 

Hommes, femmes mode d'emploi

 

Vous avez coaché des garçons et des filles. Question bateau : quelles sont les différences?

La différence essentielle est physique : il y a plus de verticalité, d'explosivité chez les hommes... même si les filles améliorent leur performance physique. Sinon, il n'y a pas de différences, les deux fonctionnent de la même façon.

 

Même psychologiquement ?

Les filles cherchent peut-être davantage à comprendre, il faut donc davantage expliquer. Les garçons sont plus dans l'action... mais mes entraînements sont identiques !

 

Repartir avec les garçons, ça vous tente ?

J'ai failli reprendre avec des garçons cet été... mais je ne sais pas si c'est intéressant de coacher huit Américains et deux Français...

 

Le basket féminin est peu médiatisé - les résulats de l'Eurocoupe n'apparaissent même pas dans L'Equipe. Y voyez-vous une raison ?

Le basket féminin représente quelque chose d'infiniment petit, c'est un sport mineur, qui ne suscite aucun intérêt dans les grandes villes. Il a une certaine valeur dans les villes moyennes. Nous souffrons médiatiquement malgré de nombreux efforts. La Ligue effectue un gros travail de communication. La Fédé aussi, autour de l'équipe de France. Mais le contexte reste difficile...

 

Tag(s) : #Interviews

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