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La jeunesse arrageoise, Elodie et Marine

(Photo Pierre Bethermin)

« C'était beaucoup d'émotion » savoure Marine Mulumba quand elle se rappelle sa première apparition en Ligue. Après avoir figuré sur plusieurs feuilles de match, la lycéenne en terminale scientifique au lycée Gambetta a joué trois petites minutes contre le Hainaut, le 19 décembre. Pilier de l'équipe Espoir, l'adolescente, qui fêtera ses 18 ans le 20 mai, s'est rendue compte de la différence entre ces deux mondes : « L'écart est immense, surtout au niveau de l'impact physique et du rythme. Ce match m'a permis de jauger ce niveau... et de voir le travail qu'il me reste encore à fournir. » Désormais, à domicile, elle enchaîne titularisation avec les jeunes et présence sur le banc avec les « grandes », espérant de nouveau venir au relais d'Erin Rooney et Élodie Mendy. Dans un premier temps, elle ne foulera le parquet qu'en toute fin de rencontre, quand le match sera scellé. Ainsi la verra-t-on peut-être en action contre Calais, la lanterne rouge, le 31 janvier... « Elle suit la progression classique d'une joueuse du centre de formation mais il ne faut pas oublier qu'elle est très, très jeunes. Elle a encore trois années Espoirs devant elle » rappelle Cécile Piccin qui loue la mentalité de l'apprentie Demoiselle.

Bien entourée par ses partenaires (« ce groupe m'aide beaucoup ») la meneuse a trouvé à Arras, qu'elle a rejoint en 2012, la structure idéale. « J'ai choisi ce club car il me permet de progresser sportivement et car j'ai été séduite par le projet scolaire. » Si Marine espère, comme toute future professionnelle, « accéder au plus haut niveau, tout en m'épanouissant », elle ne néglige pas ses études, envisageant, sa carrière achevée, de « rester dans le milieu sportif. » En Artois, elle peut compter sur Cécile Piccin. Ancienne responsable du centre de formation, la coach des Demoiselles n'hésite pas à faire confiance aux jeunes, si elles sont douées... Et, assurément, Marine est talentueuse. « Elle fait partie des filles qui peuvent atteindre le niveau Ligue. Elle est agressive mais doit améliorer son shoot extérieur ; elle le sait : sans ça elle aura du mal à percer » détaille la technicienne.

Son double objectif, entre salles de sport et salles de cours, chronophage, l' «empêche de bien connaître Arras. Je n'ai pas le temps de découvrir les animations et la ville, même si elle me semble être agréable. Mon emploi du temps ne me permet pas d'avoir beaucoup de loisirs. » Elle se réserve toutefois de précieux instants pour jouer aux jeux vidéos ou regarder un match de foot à la télé. La sœur de Rémi Mulumba, footballeur professionnel sous contrat avec Lorient prêté cette saison à Auxerre, a tâté du ballon rond lors de sa jeunesse picarde. « Je passais mes récréations à défier mes camarades » sourit-elle avant de préciser : « J'ai aussi essayé le hand. Je souhaitais faire un sport collectif qui se pratiquait dans ma ville. Lorsque mes parents m'ont proposé le basket, j'ai sauté de joie. Pour moi c'était cette discipline et pas une autre. Un vrai coup de foudre ! » Dès huit ans, elle a rejoint l'EAL Abbeville... première marche sur les escaliers de la gloire ?

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Marine Mulumba a la chance de pouvoir s'appuyer sur son frère, Rémi, footballeur professionnel âgé de 23 ans. « Il me donne de petits conseils » admet-elle. L'aîné, joint au téléphone, confesse : « elle m'écoute beaucoup. Elle va vivre ce que moi j'ai déjà vécu » assure-t-il avant de livrer ce qui est pour lui la clef du succès : « elle doit être attentive à ce que lui disent les personnes qui ont du vécu, de l'expérience ; c'est le plus important pour réussir sa carrière. » Évoluant cette saison à Auxerre, le milieu de terrain n'a guère l'occasion de voir jouer sa sœur. « C'est difficile. L'année dernière, quand j'étais à Dijon, j'ai pu assister à quelques uns de ces matchs en Espoir. » Il ajoute aussitôt, avec une pointe de fierté dans la voix : « Je sais quand même qu'elle a joué ses premières minutes avec les pros en décembre ! »

Le jeune homme, qui décrit Marine comme une personne « déterminée », garde en mémoire quelques anecdotes de leur jeunesse sportive. « Il y a deux ou trois ans, quand nous nous entraînions au shoot et au lancer franc, je la battais. Ça l'énervait et elle se vengeait à la Play, sur des jeux de basket que je ne maîtrisais pas » se souvient-il, tout en sachant que « maintenant, ça a dû bien changer ! »  

Tag(s) : #Interviews

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